Comment mieux concilier vie familiale et vie professionnelle ?

Mis à jour : juin 1


Comment faire pour trouver un équilibre entre vie familiale et vie professionnelle ? Comment faire pour arriver à tout mener de front sans se noyer dans le stress ? Comment réduire la charge mentale quand cette dernière augmente considérablement lorsqu'on devient mère ?

C'est un sujet d'inquiétude pour la majorité des jeunes mamans. Alors qu'elles apprennent tout juste à créer un lien avec leur bébé, elles s'inquiètent déjà du moment où elles vont devoir jongler entre leur vie de famille et leur vie professionnelle. Certaines s'arrangent pour faire durer un maximum leur congé maternité avec une pointe de culpabilité. Et d'autres ont l'impression de délaisser leur tout petit en revenant si vite- trop vite?- dans le monde du travail. Ces dernières s'exposent à des commentaires peu élogieux de la part des belles-mères ou des belles-grands-mères : « De mon temps, on n'avait pas le choix... ».

En entretien de médiation, je vois de nombreux couples se déchirer sur ces questions sans arriver à trouver par eux-même de consensus acceptable. Je les accompagne alors dans l'exploration de leurs attentes et de leurs besoins afin qu'ils puissent trouver ensemble des solutions qui leur conviennent.

Dans cet article, je vous donne quelques pistes de réflexion issues de mon expérience professionnelle de médiatrice familiale enrichi du témoignage de trois personnes qui ont accepté de me partager leur vécu de parents et de salariés :

  • Emma, mariée, maman de deux enfants.

  • Mélissa, pacsée, maman de deux enfants.

  • Yvan, marié, papa de deux enfants.

Comme vous le verrez, ces couples ont su se réinventer en communiquant avec leur conjoint et en testant plusieurs types d'organisation pour arriver à trouver un équilibre satisfaisant entre les différentes sphères de leur vie.

1) Je détermine mon rythme idéal :

Dans un premier temps, si on s'intéresse aux chiffres, on se rend rapidement compte que les entreprises sont trop peu mobilisées sur ses questions. Selon une étude réalisée par TNS Sofres, on se rend compte que la vie professionnelle permet à seulement 45 % des salariés interrogés de s’occuper comme ils le souhaitent de leurs enfants ; 34 % des salariés estiment consacrer trop de temps à leur travail.

Ces chiffres reflètent bien la réalité des répondants. En communicant avec leur conjoint(e), ils ont ciblé d'abord ce qui n'allait plus dans leur organisation et ont réussi à trouver des pistes d'amélioration :

Emma : « Je n’avais plus mon mercredi pour être avec les enfants et les transports à Paris faisaient que je ne voyais plus beaucoup ma famille. Et j’étais crevée du coup ça me rendait parfois moins patiente! Je me suis épuisée à tout mener de front. Dans mon travail actuel, je n’ai plus ce souci, étant à 80% et ayant peu de trajet pour me rendre au travail. »

Yvan : « Désormais, je profite des horaires ultra-souples de mon travail. Je fais 10h – 18h. J’utilise au maximum le télé-travail pour m’épargner du temps de transport.Et je n'abuse plus des soirées apéro entre collègues. »

Emma: « Il m’arrive de travailler à la maison le soir lorsque les enfants sont couchés. Et j’ai la chance d’avoir pratiquement toutes les vacances scolaires. »

Mélissa : « En effet, cela nécessite une vraie logistique. Et lorsque l'on travaille, cette logistique va se mettre en place très rapidement, avec l'habitude, une certaine routine s'installe et on devient plus prompte à gérer les imprévues (enfants malades, rendez-vous médecin, école...). »

Ainsi ils ont aménagé leurs horaires de travail, ont réduit le temps quotidien passé dans les transport. Ces aménagements ont été indispensables pour eux pour s'adapter aux contraintes de la parentalité.

ET VOUS : Avez-vous déjà pris le temps d’évaluer à quel point votre rythme de vie / votre quotidien vous satisfait? Avez-vous déjà déterminé/évalué la place occupée par votre vie professionnelle et celle occupée par votre vie personnelle et quel serait votre bon équilibre ?

Pour définir cela, je vous invite à vous isoler et à prendre une feuille et un stylo. Commencez par lister les différentes activités de votre quotidien. (Transport, temps de travail, tâches ménagères, administratives, sorties avec les amis, etc). Enfin pour chacune, évaluez au plus juste le temps passé en moyenne sur une semaine type ou un mois type.

Faites le bilan grâce aux questions suivantes :

  • Cela vous semble-t-il équilibré (selon VOTRE définition de l’équilibre) ?

  • Accordez-vous assez de temps aux activités les plus importantes pour vous, celles qui vous permettent de vous ressourcer ?

  • Selon vous quels sont les domaines auxquels vous souhaiteriez consacrer moins de temps ? Et ceux auxquels vous voudriez au contraire donner plus d’importance ?

CONSIDÈRE QUE TA SEMAINE EST UN POT :

J'ai découvert cette métaphore sur un groupe de Facebook Les Slow Lifeuses ( Coucou Scarlett ')une mine de ressources pour les femmes qui souhaitent ralentir et profiter de la vie. Ce jour-là la question de prendre le temps de mieux s'organiser était abordée et l'une d'entre elle partagea cette métaphore :

Considère que ta semaine est un pot, les choses essentielles pour toi sont des gros cailloux, les choses importantes des petits cailloux, les choses de moindre importance du sable. Si tu commences par remplir ton pot de sable, lorsqu'il sera rempli, tu n'auras pas la place d'ajouter de cailloux. En revanche, si tu commences par les gros cailloux, tu pourras ensuite rajouter les petits cailloux, qui viendront se loger sans problème dans les interstices, et ensuite le sable.

Je vous recommande de visualiser pour chaque cailloux une plage horaire avec un intitulé par exemple "travail", "yoga", "temps pour moi", "amis", "jeu avec mon enfant", "temps en famille",etc.

Le but est de se focaliser sur les aspects qui sont sous votre contrôle. Ensuite, de vous fixer des objectifs raisonnables et atteignables en fonction de VOS BESOINS pour avancer à petits pas vers votre équilibre. Ce qui compte c'est de trouver VOTRE RYTHME, celui qui vous correspond sans se comparer ou se mettre la pression.

Allez-y pas à pas. Enclencher un changement, même s’il parait infime, peut avoir des bénéfices substantiels à court terme.

2) Je communique avec mon/ma conjoint(e) et je m'appuie sur lui/elle :


Pour tous les couples interrogés, il y a eu un temps d'interrogation, des incompréhensions, des disputes, des discussions cruciales, des remises en question qui ont permis la mise en place de changements salvateurs.

Emma : « Le fait d’avoir dû beaucoup me reposer sur lui aussi pour la gestion de la vie familiale a également créé des tensions. Nous étions tous les deux fatigués.Quant à l’éducation de nos enfants, nous sommes globalement en phase. J'aimerai un peu plus de compréhension de sa part concernant mes émotions dans les situations difficiles . »

Yvan: « Il faut se donner le droit de se plaindre car être parent, c’est dur. Il faut parler de ce qui est difficile, et toujours croire le conjoint/la conjointe sur parole quand il/elle craque. »

Mélissa : « Lorsque l'on est deux, les tâches peuvent être réparties sur les deux parents. On peut échanger les points de vue, se soutenir dans la difficulté au quotidien. Lorsque l'on est seul avec son ou ses enfants, la logistique est beaucoup plus contraignante, tout repose sur les épaules d'un seul parent et la fatigue est plus importante. »

Une fois ces moments inconfortables dépassés, leur relation en est sortie grandie et leur liens resserrés. Il faut du temps pour que les ajustements s'opèrent, pour surmonter les difficultés quotidiennes et enfin accepter de ne pas être des parents parfaits.

ET VOUS qu'aimeriez-vous partager davantage dans la gestion familiale avec votre conjoint(e) ?


3) Je me fixe des limites d'espace ou de temps :


Les professionnels le disent il faut garder son lieu de vie au maximum comme un lieu de ressourcement. Si vous devez travailler à la maison, aménagez un espace bien délimité et le plus possible hors de votre vue lors des activités quotidiennes : voir des dossiers empilés sur votre table de salon ne va pas vous aider à déconnecter !

Ainsi les répondants ont cherché des astuces pour mieux s'organiser et mieux séparer la sphère privée de la sphère professionnelle :

Emma : « Qu’il y ait un temps pour tout : un temps pour le travail et un temps pour la famille, sans que l’un empiète sur l’autre (dans l’idéal !). Je m’organise mieux aussi, ce qui m’évite de « brasser de l’air » et de perdre du temps sur des détails et du coup moins de stress. »

Yvan : « On essaie de mieux s’organiser sur le travail domestique (liste de courses en avance, vaisselle toujours faite avant de faire à manger, bacs pour ranger rapidement les jouets de la petite…). On essaie d’être davantage bienveillants l’un envers l’autre à la maison pour éviter de rentrer du travail en situation de stress. »

=> Faire le tri dans ses fausses obligations permet de faire de la place à l'imprévue et de mieux apprécier ce que l'on a. Revoir ses priorités qu'elles soient d'ordre personnel ou professionnel va vous permettre d'aller plus vite à l'essentiel et de profiter davantage de votre vie de couple et de famille.

4) Je me déconnecte :

Arriver à prendre du temps pour soi peut être compliquer surtout quand on arrive pas à se déconnecter du travail à cause d'une technologie omniprésente dans notre quotidien. Mais le travail peut être également un sas de décompression et une bouffée d'oxygène pour de nombreux parents comme cela a été le cas pour Mélissa :

Mélissa : « L’activité professionnelle à côté me semble importante car elle contribue à garder un lien social avec l'extérieur, des moments où on peut "souffler" en se détachant d'un lien exclusif que l'on pourrait avoir avec son enfant. »

=> Après le travail et autant que faire se peut, coupez votre téléphone, votre ordinateur mettez les notifications sur off, ne consultez pas vos emails professionnels.

5) Je prends rendez-vous avec moi-même et avec l'Autre :

Certains mesurent davantage les bienfaits du temps passer avec son conjoint en faisant des pauses fréquentes sans attendre les congés d'été. Et si au début cela peut sembler contraignant au niveau organisation aucune des personnes interrogées ne semblent regretter ces moments de déconnexion à deux lors de week-end ou de vacances plus prolongées.

Emma : « Arriver à prendre également du temps rien que pour soi ! C’est aussi ce qui m’a cruellement manqué à ce moment-là et j’ai perdu pied. Notre prochaine étape : réussir à avoir plus de temps en amoureux avec mon mari (resto, séjour...) ».

Yvan: « On s’autorise au minimum un week-end par mois tous les deux (on confie la petite aux grands parents) pour décompresser et passer du temps en amoureux. On essaie de planifier des sorties à 3 qui soient agréables. »

Certains ont même pris l'habitude de prendre du temps pour soi pour se retrouver :

Yvan : « Je prends des jours de congé « joker » juste histoire d’être un peu seul à la maison. »

Les professionnels le disent prendre du temps rien que pour soi ne sera pas nuisible à votre relation de couple, ces moments seront même vivifiants pour votre relation.

Prenez des rendez-vous avec vous-même comme vous le feriez pour un client, ou pour un ami. Et tenez-vous à ces créneaux parce que vous le valez bien. Que ce soit 15 minutes par jour, 2h par semaine ou une journée par mois, prévoyez une plage horaire pour faire des choses qui vous font réellement plaisir.

6) Je mets en place ma routine bien-être :

Posez-vous sur le canapé (ou dans un endroit isolé s’il y a déjà du monde chez vous), ou prenez une douche, prenez l’air, écoutez une musique apaisante et pendant ces 5 minutes concentrez-vous sur votre respiration et vos sensations corporelles. Ces quelques instants permettront de faciliter la “coupure” entre le travail et la vie personnelle. Accordez-vous des moments pour une activité plaisir, que ce soit : faire du sport, du yoga, de la cuisine, de la méditation, du jardinage, de la lecture ou une quelconque activité si possible sans écran.

Les répondants ont ainsi changé leurs habitudes et développer leurs propres routines bien-être que ce soit pour eux ou pour leur conjoint(e) :

Emma: « Je me suis mise au sport. Quand je rentre, je me sens ressourcée, plus disponible pour ma famille et plus concentrée sur mon travail. »

Yvan : « J’ai poussé ma conjointe à avoir une activité sportive hebdomadaire. »

Le fait de se créer une routine quotidienne permet ainsi au cerveau de se dédouaner de l’effort d’aller mieux. Elle vous permettra de mettre en place une série d’actions à enchaîner simplement et avec enthousiasme et d'oublier votre culpabilité.

7) J'accepte mes émotions et j'en fais des alliés :

Les répondants ont été unanimes sur ces questions, ils sont tous passés par des hauts et des bas accompagnés d'émotions parfois intenses. Ils ont appris à les exprimer et à les accepter. Pour certains, l'appui d'un professionnel a été nécessaire pour trouver du soutien et des conseils pour prendre du recul.

Emma : « Accepter nos émotions nous aide à mieux les gérer par la suite, voire même à en faire des alliées. J'ai l’impression qu’il a été nécessaire de passer par tout cela car cela nous aura appris à mieux communiquer, mieux se comprendre et se connaitre. La vie est plus belle et tout le monde est plus zen. »

Yvan: « Il est impossible d’anticiper le torrent émotionnel lié à l’arrivée d’un enfant. Il faut communiquer dans le couple, exprimer ses ressentis, ne pas hésiter à aller chercher de l’aide à l'extérieur. L’arrivée d’un enfant transforme les petits soucis qui étaient un peu agaçants en gros problèmes potentiellement motifs de rupture. »

8) Leurs conseils et astuces :

Enfin je leur ai demandé quels conseils et astuces auraient-ils aimé qu'on leur donne. Voici leurs réponses :

1) Ne pas chercher à être parfait(e) sur tous les plans et ne pas se mettre autant de pression pour tout réussir

2) S'accorder du temps pour soi.

3) Communiquer lorsqu'il y a conflit même si c'est après coup.

4) S'accepter les uns les autres tels que l'on est.

5) Profiter des moments simples en famille : une promenade, un jeu, etc.

6) Prendre du recul face aux situations qui nous dépassent.

7) Contacter un professionnel quand on n'arrive pas à prendre du recul.

8) Donner la priorité absolue à la famille pendant le congé maternité, les deux parents doivent être présents pour compenser le déséquilibre initial lié au congé paternité ridiculement court. Un nouveau né a besoin de ses deux parents.

9) Libérer du temps pour la maman, s'organiser pour qu'elle puisse s'occuper un peu d'elle.

10) Relativiser, personne n'est indispensable à son travail (à part si vous êtes infirmière ou urgentiste et pompiers bien sûr ).

Une interrogation commune est apparue tout au long de ses témoignages : Comment avec le tumulte de la vie quotidienne, comment préserver son couple et le lien amoureux?

Pour tous c'est un exercice de jonglage au quotidien de et c'est loin d'être évident surtout dans les moments d'épuisement. En effet lorsqu'on devient parent, ce n'est pas toujours simple de se consacrer des moments rien que pour le couple ou pour soi.

Pour aller plus loin :


Si vous avez des difficultés à rester proche de votre conjoint :

=> Vous pouvez prendre contact avec un psychologue, un thérapeute de couple, un sexologue ou me contacter pour découvrir mes accompagnements à l'épanouissement du couple.


Si vous avez des difficultés à éduquer vos enfants :

=> Vous pouvez vous faire accompagner par des coachs parentaux, des éducateurs qui peuvent vous aider à reprendre le dessus. Il peut également être intéressant de consulter un pédopsychiatre pour mieux comprendre la personnalité de votre enfant et l'aider dans son développement. Il existe également de nombreux livres aidants sur la parentalité bienveillante et le burn-out parental.


Si vous avez des difficultés à communiquer dans votre couple, si vous cherchez des solutions concrètes à mettre en place, si vous avez besoin d'un espace de dialogue bienveillant :

= > Je vous recommande la médiation de couple. L'entretien d'information est gratuit et vous permettra de savoir si cet accompagnement est fait pour vous. En médiation vous pourrez faire le point sur votre situation, définir vos priorités et vos attentes et mettre en place un plan d'action cohérent et progressif. Pour plus d'information, n'hésitez pas à me contacter au 06.11.01.47.91.